Extrait de Le parfum des pierres aveugles Isabelle Guigou

M’assurer que tout est encore en moi :

Les bruits assourdis du cours, par delà la porte épaisse, l’odeur

humide des pierres, celle âcre de la vieille rampe en fer
Rouillée
Cet amour entier d’enfant, exempt de toute critique (ces mots
durs que l’on voudrait prononcés par un autre n’ont encore oxydé la tendresse n’ont encore écaillé le tableau que je retrouve ici (ailleurs, au présent, toile vide ou au tracé à peine esquissé si bien que je peine à deviner une forme))

L’impatience d’aimer

M’assurer que rien n’est passé mais contenu
Finalement tout cela au-dedans de mon corps.

 

 

 

Paliers abandonnés aux chiures d’oiseaux, crevés :
Les portes des appartements bâillent comme des gueules
ouvertes sur quel cri

Ce qui me sépare de ces jours où nous nous tenions serrées
sur les marches, là, dans l’auréole de lumière que nous lançait la sainteté d’une fenêtre
Rien d’ange cependant nous lancions nos balles contre les
murs, nos mots de gosses, moqueurs, nos grimaces

Ce qui me sépare
A se demander où est passé l’amour.

 

 


(...)

 

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