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Dans la collection poèsie (l'accent grave sur l'e muet)
Les Hautes-Salles de Hervé Delabarre

Photographie de couverture
Vincent Depardieu
Format 15 x 20 cm,
80 pages intérieures
sur munchen bouffant
Date de parution :
4ème trimestre 2012
Prix public : 10 euros.
ISBN n° 978-2-912852-39-7
La violence persillée de tendresse, Quand pleurent au fil des plages / Hantées de barbelés / Les jouets déchiquetés, les nostalgies aux images brutes, éminemment intimes, dans les deux ensembles proposés ici par Hervé Delabarre, sont les reflets champcontrechant, de l’honnêteté sauve d’un poète.
Les plans cinématographiques vécus, remontés de l’enfance occupée à Saint-Malo, s’impressionnent sur la pellicule d’une vie où « Elle » est le véhicule. Poète de tempérament, Hervé Delabarre signe avec ce livre la plage où chaque vague reforme ce qui fut arasé des ruines convoquées.
Éric Sénécal
L’auteur
Poète, dont l’écriture assume ses filigranes surréalistes, et peintre, Hervé Delabarre a construit une identité tendue entre diverses formes, occupant le terraind’une émotion toute en retenue.
Né en 1938 à Saint-Malo, où il vit, il fut enseignant, et collabora à de nombreuses revues, un temps grandement influencé par le Surréalisme. Sa rencontre avec André Breton a durablement marqué sa relation à la poésie.
Son travail de peintre est une sorte de prolongement du poème, l’autre versant de ses préoccupations et une tentative supplémentaire pour capter la fascination et le mystère de l’Autre.
Extraits :
Les Hautes-Salles
précédé de
Elle joue à naître
Une lueur au détour d’un cil
Entretient en vain l’illusion
Aucun repas ne sera servi ce soir
Sur la neige
Les entrées et sorties
Se feront au doigt et à l’oeil
Et les maisons closes
Pourront dormir sur leurs deux oreilles
Quant à la jeune enfant
Après avoir renié père et mère
Elle ne communiera pas de sitôt
Mais pour autant
Ses pleurs ne sauront émouvoir le loup
Qui préfère les ongles manucurés et peints
A ceux par trop rongés d’une fillette
Au centre de la pièce
Dans un décor dont il ne reste rien
Rien qu’une vibration blanche
La femme est là
À demi nue assise
Deux militaires aux uniformes chamarrés l’encadrent
Et font glisser sur ses seins dénudés
Alternativement comme indéfiniment leurs sabres
Par quels détours
De par la nuit des temps
À quel étage
Par quel couloir
A-t-on mené l’enfant
Pour l’arrêter devant elle
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